Archives de l’auteur : Karen Pinto

Travel blues ou la dépression post-voyage !

Vous me posez tous la même question : « Alors ce retour, pas trop dur ?? » et bien si justement !

Il y a quelques mois, notre retour commençait doucement à prendre forme dans nos esprits. Retrouver les amis et la famille qui nous ont souvent manqué, engloutir une quantité impressionnante de fromage et déguster un bon café, une douche chaude où l’on peut traîner et une bonne connexion internet, les soirées entre potes, tout cela nous faisait rêver !

Et bien voilà, un mois qu’on a posé nos valises, enfin notre sac à dos crasseux, et après avoir rayé un par un la liste des plats à manger et les trucs à faire au retour (préparée par les enfants près du lac Titicaca en Bolivie !), je reste comme abasourdie…

Le mouvement, la liberté, les découvertes et les rencontres s’éloignent peu à peu et laissent place à une routine orchestrée par tes horaires, tes contraintes et les rendez vous médicaux ! Bah oui depuis notre retour Paul semble souffrir d’allergie ! C’est pas un signe ça ?

Je traîne comme une vieille relique Bruno notre nain de voyage dans mon sac à main, je reçois encore les alertes des tremblements de terre au Pérou, je fais des grands signes aux camping caristes que je croise en allant bosser (eh oui!), mon mur facebook est envahi par les publications d’autres amis voyageurs et quelques conversations en espagnol égayent encore nos dîners en famille ! Mais qu’est ce que ça veut dire docteur ?

 

Imprévisible salar…

Dernière grande étape de notre grand voyage : le salar d’Uyuni en Bolivie. Pour ça on avait tout prévu : Plein d’eau, d’essence et de courses, plans et infos en tous genres, batteries d’appareil photos chargées à bloc, lunettes et crème solaire pour le soleil, bonnets, gants et manteaux pour le froid,  bières et vin rouge pour l’apéro… Bref nous sommes prêts pour cette expérience unique et pour se retrouver seuls au monde dans ce paysage extraordinaire.

La veille, nous rencontrons d’autres voyageurs français qui défilent les uns après les autres dans le centre ville d’Uyuni et finalement au moment du départ, un convoi de 12 adultes et 9 enfants se dirigent vers le salar dans 5 camping car.

Et qui dit nouvelles rencontres, dit nouvelles surprises ! L’un de nous sort un drone et improvise une « chorégraphie » de camping car ! Et j’avoue que la répétition des chauffeurs était assez comique ! Un apéro plus tard, une guitare apparaît et nous finissons de tous faire connaissance dans une ambiance plus que chaleureuse !

Une nuit fraîche, une journée ensoleillée, une île aux cactus et nous voilà tous crapahutant au milieu de ce désert de sel, ébahis de la vue qui s’offre à nous.

Presque au moment de reprendre chacun sa route, l’idée de faire un feu pour le soir est lancée. Ni une ni deux, on repart chercher du bois de cactus pour notre flambée ! Finalement, restons encore un peu ensemble ! Un coucher de soleil extraordinaire s’en suit (le plus beau qui m’ait été donne de voir en Amérique du sud !) et la guitare, le vin et les saucisses ressortent ! Les standards de la chanson française sont massacrés comme il se doit par quelques chanteurs dont je tairai le nom, les flammes nous réchauffent, les saucisses grillent, les étoiles brillent…Que demander de plus ?

Encore une toute dernière surprise : sorti de nulle part, un motard débarque et s’installe. Les présentations faîtes, il prend la guitare, sa voix est juste au top, le moment est irréel ! Et il repart dans la nuit sur le salar…

Alors finalement, nous n’avons pas été seuls. Qu’à cela ne tienne, les rencontres ont été chaleureuses et les moments partagés inoubliables. Nous n’avons pas eu froid, les flammes et le vin nous ont réchauffés.  Nous avions imaginé ces moments empreints de calme et de sérénité, ils furent en fait débordants de rires et de chants.

Comme une leçon finale qui clôturerait notre voyage, c’est encore et toujours l’imprévu, celui des rencontres qui ont émaillés notre voyage , celui des chemins de traverses que nous avons empruntés, celui parfois des panes qui nous emmènent dans la ville où nous ne voulions surtout pas aller et  celui de na pas savoir de quoi demain sera fait. Tout au long de cette année, pour nous, l’imprévu est devenu l’inoubliable….

Alors, le retour approchant, qui sait de quoi il sera fait ?

La familia al Péru !

Nous avons eu la chance de recevoir une partie de la famille pour nous accompagner durant 2 semaines dans notre aventure péruvienne.

Surexcités et impatients, nous avons retrouvé avec beaucoup d’émotions mes parents, mon frère et ma belle sœur. Et c’est au moment d’ouvrir les bocaux de pâté et les schoko bons que nous avons versé nos premières larmes… de bonheur !!!

Il faut avouer que tels des professionnels du tourisme, ils nous avaient concocté un programme d’enfer ! Réveils matinaux et visites organisées qui , il faut bien dire, nous ont un peu bousculé ! Après la visite d’Aréquipa, nous nous sommes lancés tête baissée dans un trek dans le canyon de Colca. Les paysages extraordinaires n’ont cependant pas atténué la rudesse de la descente et Clélia et moi avons donc décidé de remonter…en mule !

Bon il a d’abord fallu que je surmonte ma frousse de monter sur le dos de cette brave bête ensuite celle du vide quand elle décidait de prendre des virages extérieurs sur des sentiers étroits et enfin celle de tomber quand nos deux mules décidaient de faire la course sur des chemins escarpés et parsemés de rochers. Bref, nous sommes arrivées en haut  courbaturées avec les fesses endolories, ce qui m’a arraché quelques larmes…de douleur, le lendemain !

Ensuite, direction le lac Titicaca avec ses îles flottantes et ses champs de pommes de terre à perte de vue. Ballade sur le lac, découverte de repas typique et … SURPRISE !! A la fin du repas, nos hôtes arrivent chargés de tissus péruviens et nous nous demandons bien ce qu’ils font quand nous comprenons qu’il s’agit de vêtements traditionnels et qu’ils nous proposent de les revêtir…Séance photo mémorable entre fous rires et larmes …de honte !

Et puis Cuzco. Ses ruines incas impressionnantes, sa vallée sacrée et ses restaurants où l’on a dégusté du cochon d’inde. En espagnol, le « cuy », prononcez  le « couille » ce qui nous aura valu un certains nombre de jeux de mots plus ou moins foireux et des larmes…de rire !

Pour clôturer ces deux semaines, la visite du Machu Picchu qui malgré son côté ultra touristique et le fait que nous l’avions vu des centaines de fois en photo, nous a tous ébloui par sa majesté. Un grand  souvenir de notre voyage, c’est certain.

Et c’est déjà la fin…Ce séjour rempli d’émotions nous a donné une vraie impulsion pour continuer et terminer ce voyage. Nous raccompagnons nos visiteurs des souvenirs plein la tête et des yeux plein de larmes…

Et prenons la route de l’Amazonie pour vérifier la véracité de l’expression : des larmes…de crocodiles !